Le mouvement islamiste turc Vision Nationale à l’assaut de l’Europe
Extrait du « Dossier du mois » du mensuel de l’Observatoire de l’islamisation
« Tout est parti de la volonté d’un seul homme, Necmettin Erbakan (photo), principal acteur politique de l?islamisme turc de ces 40 dernières années. Sa première tentative de prendre le pouvoir par la voie démocratique, date de la création en 1970 de son Parti de l?Ordre national. Parti perçu comme la branche politique de la confrérie islamique Nakshibandi, ses excès programmatiques axés sur l?anti-maçonnisme, l?anti-occidentalisme, la critique de la laïcité, ne tardèrent pas à le marginaliser. Voulant remplacer ouvertement dans les écoles publiques certains enseignements d?Emile Durkheim au profit de penseurs islamiques connus pour leur rejet des « innovations blâmables », comme al-Ghazali (1058-1111), ou Ahmed Shirindi (1564–1624), référence de la confrérie islamique Nakshibandi, il provoqua sérieusement l?inquiétude des autorités. D?autant qu?une part grossissante d?une autre confrérie de masse, les Nurcu, commença à rejoindre ses rangs…Le coup d?état de 1971, effectuée par l?armée gardienne de la laïcité (dépositaire de l?héritage du premier président Mustafa Kemal, militaire ayant aboli le califat en 1924) régla -temporairement- le sort de la formation islamiste, et pour Erbakan, marqua le début de son exil en Suisse et en Allemagne pour nombre de ses collaborateurs, pays à partir desquels il va fomenter le retour de l?islamisme à vocation démocratique. C?est le Parti du salut national (MSP) qui succèdera au Parti de l?ordre national, avec un Necmettin Erbakan restant dans l?ombre, recyclant les cadres du parti dissous, qui reprendra ses thèmes favoris. Il n?eut qu?à attendre 1974 pour participer à un gouvernement de coalition au terme d?un succès dans les urnes, qui permettra au tout jeune parti de briguer des portefeuilles ministériels de premier ordre (Intérieur,...