Posté par admin dans résistances le 23/10/10 | 1 Commentaire
Il développe ses larges épaules à la boxe thaïe cinq fois par semaine. Il a les yeux d’un beau marron, c’est tout ce qu’on verra de son visage, dissimulé sous un foulard et une capuche. Depuis vendredi, Farid* est chaque matin au lycée Joliot-Curie de Nanterre. L’établissement est au cœur de la protestation lycéenne contre la réforme des retraites.
Et, comme à Lyon, il fédère aussi des jeunes plus intéressés par la casse que par la lutte sociale. Farid est de ceux-là, casseur à 15 ans. « Je le fais à moitié pour la retraite, à moitié parce que j’ai envie de me venger contre la police », tranche-t-il, déçu qu’hier la bagarre n’ait pas pris.
Capable d’aller « au contact »
C’est lui qui a mis le feu à la première voiture, une Clio rouge. « On l’a mise sur le toit. L’essence coulait, quelqu’un m’a passé un briquet. » Pas de fanfaronnade, mais tout de même : en s’attaquant à des grosses cibles, Farid dit être des 50 casseurs, sur un groupe qu’il estime à 800, capables d’aller « au contact ».
« Un panneau publicitaire, c’est facile, il suffit de prendre une barre ou un brise-vitre dans le bus. Le cran au-dessus, c’est la voiture de police. Et le plus fort s’attaque aux policiers. » Il n’emploie pas les mots « guerre » ou « haine » comme d’autres. Il « réagit » contre les lois trop dures qui dominent à ses yeux le rapport entre cités et forces de l’ordre. Il dit souffrir des contrôles d’identité dans son propre quartier qu’il ne quitte guère, des fouilles dès qu’un voisin se plaint.
« Vous voulez qu’on tape qui à part la police? C’est le seul moyen. » « Ils tirent au flash-ball sur des gens qui n’ont rien fait, détaille-t-il plus tard. Ceux qui ont tué Zyed et Bouna (NDLR : les enfants morts électrocutés à Clichy-sous-bois, alors qu’ils étaient poursuivis par la police), on les a pas entendus, s’emporte-t-il....



